C'est dur d'écrire cet article alors que j'ai déménagé, que l'on connait d'ores et déjà le fin mot de l'histoire. Mais il faut bien que je revienne sur ces quatre mois qui ont marqué le début de la course, le début de ma nouvelle vie, et qui malgré tous les inconvénients, restent de bons souvenirs (la mémoire sélective a fait son œuvre il faut croire!)
La Republica est d'apparence une jolie maison violette (si! si!) dont l'espace commun arbore fièrement une bonne partie des drapeaux du monde. Table de billard, ambiance de backpack, cuisine américaine, l'espace commun offre un abord plutôt sympathique. Les chambres sont de tailles et de qualité trèèèèès inégales. On va de la cage à lapin à des chambres claires et spacieuses (il va sans dire que les prix varient en fonction!)
Et puis on rencontre petit à petit nos voisins. Il y a beaucoup d'allées et venues, l'endroit ressemble plus à une auberge de jeunesse qu'à une vraie colocation, mais il y a les irréductibles qui sont là depuis 6 mois, un an, parfois plus! Et petit à petit on sympathise (manque d'intimité oblige) parce que le soir quand on rentre tard il y a toujours quelqu'un dans la cuisine, réchauffant une pizza ou des nuggets surgelés, parce qu'on entend les conversations skype des voisins, parce qu'on sait toujours si la douche est occupée ou non (et je ne parle pas que des Castafiores en herbe!), parce qu'il suffit de toquer à la porte d'à côté quand on en a marre d'être "seul(e)".
Et puis c'est tellement facile d'inviter du monde dans l'espace commun, "Passe à la maison y a de la place!", et tes voisins sont toujours d'accord pour improviser une petite soirée - dansante, arrosée, bruyante, ou non. La télé est toujours allumée, des fois que l'on ait une impression de trop calme; mais ça a l'avantage de nous tenir au courant des péripéties passionnantes et complexes de toutes les telenovelas (et il y en a beaucoup!)
La cuisine est donc l'espace de socialisation le plus efficace: on s'observe -non pardon, on se marche dessus parce qu'on manque un peu de place - pour noter les bonnes idées de recettes. En effet il y a pas mal de nationalités, les casseroles en ont sans doute vu de toutes les couleurs! (enfin peut-être pas trop le vert, parce que les légumes sont une denrée rare en milieu étudiant)
Mais tout ce que je viens de dire et qui est parfaitement sympathique peut être perçu d'une toute autre manière dans les mauvais jours. Le manque d'intimité, de propreté (je mettais promis de ne pas mettre ça sur le dos de la gente masculine, mais il se trouve qu'ils étaient quand même largement majoritaire - mais ça ne veut rien dire bien sûr!), d'horaires fixes pour prendre une douche, mettre de la musique, ou inviter des ami(e)s, rendent parfois le repos et l'impression d'être chez soi un peu délicats.
On persiste un peu parce qu'un déménagement c'est du temps et de l'argent et que tout le monde est tellement sympathique par ailleurs, mais on finit par craquer.
Un déménagement c'est l'occasion de trouver mieux à moins cher. Mais même comme ça on est un peu anxieux parce qu'on sait pertinemment ce qu'on laisse mais que - malgré une visite avec un œil acéré, on ne sait pas très bien ce qu'on va trouver.
Alors on fait le grand plongeon (tête la première!)
Bilan: Je suis passée de Perdizes - quartier bourgeois de São Paulo, à deux pas de la PUC, à Pinheiros - quartier bourgeois mais hypster de São Paulo, à trois pas de la PUC! Et c'est mieux, même si évidemment le dimanche soir quand on ne sort pas, on irait bien taper à la porte de ses voisins pour s'endormir devant un film de qualité très variable :)
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